dimanche 9 mars 2014

Fantasme amoureux

Le plaisir incandescent du rêve
L'amour au diapason, sans trêve
Ses mains, ses lèvres, tout son corps
Parfait dans ses mouvements, sans un effort.


Étrangère à nous dans sa beauté
En harmonie à notre volonté,
Si surprenante et si nouvelle,
Si nous donc et si peu elle.


Il n'est pas de plus brûlants baisers,
Moitié rêve, moitié réalité
Jamais lucides et jamais satisfaits,

Pauvre Tantale, a jamais condamné.

samedi 1 mars 2014

Décartésien


Pas mal, ce type sur la photo !
Moi ? Mais Je n’ai jamais été beau !
Et ce beauf barbotant dans l’eau ?
Qu’il est moche et qu’il est gros !

 
Moi encore ? Quelle différence !
N’ai-je donc aucune consistance ?
Je me mens et je m’abuse
Je suis donc semblable aux méduses

 
Un être mou et gélatineux,
Sans attrait et disgracieux
D’où l’on me pose, je prends la forme
Ce que j’ingère, me déforme.

 
Il n’est pas jusqu’à ma voix
Que j’ignore, que je ne reconnais pas
Et les films où j’apparais hagard
Semble un théâtre de boulevard.

 
Encore n’est-ce que le superficiel
Qu’en est-il de l’essentiel ?
Ces actions que je voudrais morales
Sont-elles égoïstes et banales ?


Pour moi ? Je ne suis qu’un inconnu
Sans cohérence, sans retenu
Suis-je plus réel pour les miens
Malgré mes masques quotidiens ?


Mes liens me définissent davantage
Que mon poids ou que mon âge,
Les perdre revient à un suicide
Le seul fait où je suis lucide.

mercredi 12 février 2014

Transmission



Jamais, jamais tu ne fus à moi,
Ni ta main, ni ton regard, ni ton bras

Ni un instant abandonnée
Sous mon regard enamouré.


Combien de fois ai-je écrit ton nom ?
Prononcé comme une oraison
Une prière dans un soupir
A la musique du plaisir.


Dans ma solitude de faïence
Caché par ton indifférence
Ton oubli et la distance.

Mais je souris de mon inexistence.

Il est la couleur de tes yeux
Tes gestes discrets et gracieux

Ton esprit et ta joie de vivre
Tout se cachait dans ton sourire

Et ce Sourire est mon héritage
D'avoir croiser tes rivages,

Ce Sourire que je t'ai volé
Est ce pourquoi je t'ai aimée.


Toujours je bénirai ton nom
De m'avoir fait un tel don
Et pour cela je bénirai toujours
L'immense vertu  de l'amour.

 

mercredi 5 février 2014

Tête à tête



 Je vous veux pour moi tout seul
Vos sourires et vos clins d’œil,
Votre humour, vos remarques taquines
Votre beauté que je lutine.

Car mon plaisir est dans mon regard
Qu’il soit dessus ou dessous le fard
Qu’il se perde dans vos boucles rousses
Ou sur le rose de votre bouche.

Car mes yeux sont bien plus câlins
Que ne seront jamais mes mains
Ils glissent le long de vos joues
S’attardent parfois sur votre cou,

Ils sont infiniment patients
Toujours tendres, jamais pressants.
Et pour renforcer votre lumière
Ils ont de précieux auxiliaires :

Mes mots comme des foulards de soie
Dansent, s’envolent de vous à toi,
Ces mots m’ont tant de saveurs
Quand ils vous donnent quelques rougeurs.

J’aime vous aimer ainsi à distance
Dans cette soi-disant innocence,
Ne savourer de vous que ce plaisir
De demeurer dans le désir. 

Voilà, c’est pourquoi je m’entête
De vous vouloir en tête à tête,
Superbe, souriante et mutine,
Irrémédiablement coquine.   

mardi 28 janvier 2014

La muse vénale

Quoi m'écrire des vers pour réclamer de l'argent !
Ai-je jamais vu dans ma vie un écrit plus outrageant ?

Accorder le fond et la forme, c'est cela la poésie,
Quand rythmes et rimes se fondent dans une parfaite harmonie


Pour évoquer l'allégresse que met en nous un sourire,
Quand la sonorité de la rime rappelle celui du plaisir.

Quand nos mots ainsi ordonnés avec un tant soit peu d'adresse
Nous rappelle de notre aimée son art subtil de la tresse.


Car la beauté est ainsi, ordre choisi mais imposé
Ainsi qu'il en est de la vie entre contrainte et liberté.

Et vous, madame ? Que de la forme ! Mais sans le fond !
Vous me jugerez, infâme, mais vous n'aurez pas un rond !

C'est assez que je vous paye de cette leçon de poésie
Qui, vous le noterez, s'accompagne d'une de philosophie.
Au prix où je vous la donne, je me sens presque volé
Mais je me paierai de ces vers que vous m'avez inspirés.  




Réponse à une amie qui me demandait de l'argent en rimant. 

vendredi 10 janvier 2014

Chant d'Automne

Elle ne m’a pas écrit ce matin
Pas un mot, pas une lettre de sa main
Pas une fenêtre ne s’entrouvre
Sur son jardin empli de rouvres.


Les feuilles sont tombées sur ses pas,
Étoiles d’or des érables, une supernova
Les éclairs rouges des chênes
Comme une tempête se déchaîne,

 
Ralentie par la douceur du temps
De l’éphémère saison dont les tons éclatants
Si vite revenus et si vite passés,
Chantent un chant d’éternité  

 
Tout est là et se mélange,
La vie, la mort, quelle danse étrange
L’immense et le minuscule
A chaque enjambée se bousculent

 
Jusqu’à cette feuille que je ne peux pas ouvrir,
Cet oubli qui m’amène au souvenir,
Ce silence  qui m’a troublé, qui m’étonne
Mais me murmure son chant d’Automne

mercredi 1 janvier 2014

Viatique


Aime la puissance de ta colère
Comme la canicule le tonnerre. 

 
Aime le mensonge et la séduction
Comme les roses et leurs floraisons.

 
Aime ta haine sans échappatoire
Comme le tigre son territoire. 

 
Aime ta peur fine et rusée
Comme la sœur de la liberté.

 
Aime l’angoisse et la frustration
Qui décuplent tes pâmoisons.

 
Aime donc tous tes sentiments
Comme tu aimes l’amour et son embrasement.