mercredi 18 février 2015

"Magie noire"


Mais quelle est donc ta magie ma muse ?
Mais quel sort m’as-tu donc jeté ?
Voilà des mois, que rien ne fuse,
J’ai beau faire, je restais muet.

Et déjà je prenais le deuil
De cette voie qui s’était tue
De vers je tissais mon linceul
« ci-gît un poète inconnu »

Aujourd’hui, je te croise. A peine,
Si tu me dis bonjour
Et les vers ainsi me reviennent
Plus nombreux qu’aux premiers jours.

Certes ils sont tristes et noirs,
Plus amers qu’un poison
Tout gorgés du désespoir
De ta petite vexation.

Et Je rêve d’amour et de mort
De simplement t’avoir vue,
Que tu déchires mon cœur, mon corps,
Mes poèmes, sans les avoir lus…

Et que tu les jettes au vent froid,
Que de moi rien de demeure
Puisque tu me refuses la joie,
Qu’au moins tu m’accordes la mort.

lundi 19 janvier 2015

Human Prozac

O merveilles des merveilles,
Vous êtes plus belles que mes rêves
Qui n'ont pas tous ces détails
Pour qui je pleure, pour qui je défaille,

Dans mes rêves les femmes passent
Comme si elles étaient devant leur glace,
Froides et presque parfaites,
Sublimes dans leurs toilettes.

Mais vous, vous me dîtes "bonjour"
C'est bien le plus beau de vos atours,
La vie pétillant dans vos yeux
Est le joyaux le plus radieux.

Et je me perds en contemplation
Dans les boucles de vos cheveux longs
Ces escarboucles, ces entrelacs,  
Que mes rêves ne précisent pas.

Et vos tâches de rousseurs
Qui rehaussent la pâleur
De votre peau si belle, si fine, si...
Que je me perds en rêverie...

Vos mains, la finesse de vos pieds,
Vos jambes de soie gainée
Ou pas, car je vous aime en jeans
En rondeurs ou androgyne.

J'aime quand vous parlez de vos enfants
De vos amours, de vos amants,
De la vie, de ses difficultés,
Le courage...n'est pas la moindre de vos beautés.

Ô dieux, que je vous aime,
En vrai, en vers et en poème
Sans vous la vie serait sans apprêt
Permettez moi de vous en remercier.


Dans ces temps sombres, la beauté est un excellent remède et celle des femmes qui sont très laregement absentes du rang des assassins aussi. Je suis sûr qu'elles me pardonneront d'en user ainsi avec elles.  Tiens, le pardon, j'aurai pu faire un quatrain la dessus aussi...     

Vous qui m'avez tant pardonné
Mes mauvais vers, mes mauvais couplets
Vous me pardonnerez aussi celui-ci,
Mes merveilles, mes chères amies.  

vendredi 16 janvier 2015

Loi du talion

Appliquons la parole sainte de dieu
Puisque ceux qui; hélas, ont vécu par le glaive 
Ont péri par le glaive
Appliquons aux survivants la sainte raison :
Oeil pour oeil, dent pour dent

Caricaturons les caricaturistes !

mercredi 14 janvier 2015

11.01.2015 - Je lis ton nom

Sur les trottoirs des rues parisiennes
Je lis ton nom,
Sur les revers des vestes des manifestants
Je lis ton nom,
Dans le dos des gardiens de la paix
Je lis ton nom,
Sur les premières pages des journaux
Je lis ton nom,
Dans les regards tristes et affligés 
Je lis ton nom,
Dans leur diginté et leur silence
Je lis ton nom,
Aux fenêtres anonymes
Je lis ton nom,
Dans les bibliothèques, sur tous les présentoirs 
Je lis ton nom,
Sur les acteurs saluant leurs public,
Je lis ton nom,

Liberté

jeudi 8 janvier 2015

Larmes au rire pour Charlie


Des caricatures d’hommes
Sans noms et sans visages,
Sans courage, sans intelligence,
Sans humour, sans vie,
En uniforme,
De cette forme unique
Tel un cristal, qui semble vivant
Mais ne l’est pas,
Des caricatures ont tué
Des hommes, des caricaturistes,
Des créateurs, qui vivaient,
Qui vivaient si fortement
Si intensément,
Que leurs vies résonnaient chez des milliers d’autres,
Qui riaient si bien,
Que leurs rires résonnaient chez des milliers d’autres,
Qui pensaient si fortement
Que leurs intelligences résonnaient chez des milliers d’autres,
Et ils en avaient un nom et un visage pour tous,
Ils vivaient, riaient, pensaient si bellement
Qu’ils auront encore un nom et un visage demain
Que leur courage a résonné déjà chez des milliers d’autres.

Qu’avaient-ils dit ?
Rien de plus que ce que les tous les hommes disent des autres,
N’avez-vous pas entendu le rire des luthériens sur les catholiques,
Des catholiques sur les musulmans, des musulmans sur les Juifs,
Des juifs sur les autres et parfois sur eux-mêmes. De tous sur tous.
Simplement eux qui étaient tous d’origines différentes,
Catholique, juive, musulmane, protestante,
Pour vivre ensemble, pour nous aider à vivre ensemble
Ils partageaient leurs rires et se l’appliquaient.
Au milieu de tous ceux qui prétendent détenir la vérité,
Ils se contentaient d’énoncer une évidence,
Nous sommes tous risibles, si petits, si frêles, si stupides, si ignorants, si fragiles
Si ridicules.
Que raisonnablement, il n’y a qu’à rire de nous.
Et Dieu que j’ai eu ri parfois aux larmes, grâce à eux. 
Hier encore, en relisant leurs dessins, au milieu de mes larmes


mercredi 17 décembre 2014

La fontaine


Pleure, pleure, vieille imbécile
Toute ta rancœur, toute ta bile
Pleure la carrière que tu n’as pas eue
Les attouchements que tu n’auras plus !

Pleure donc sur tes idéaux
Sur ces rêves toujours idiots,
Pleure donc sur ta naïveté
Toi qui t’attribuais de la lucidité.  

Pleure, j’essaierai de ne pas en rire
D’enduire d'empathie mon sourire
Pleure, je te prendrais dans mes bras
Simplement pour que tu ne t’écroules pas. 

Pleure, mais moi, je garderai mes larmes
Pour les moribonds, les passés par les armes,
Pour les gamins de la misère, de la malchance
Qui n’ont pas eu un centième de ta chance. 

Pleure, pleure ta souffrance
Qui ailleurs serait de l’indécence
Cette situation dont tu te plains
Serait le rêve de milliard d’humains.  

Pleure, même moi qui t’épaule
Je changerai bien un peu les rôles
Et nos primes sur objectifs
Contre la santé de nos fils. 

Pleure, je te tendrai un mouchoir
Souriant sous tes coups de boutoir,
Tes insultes et tes sarcasmes
Que tu m’assènes entre deux spasmes.

Pleure, et moque toi de qui te soutient
De qui te tient un peu la main
C’est si facile de te conseiller
Qu’il y a foule pour te consoler.

Pleure, pleure vieille imbécile
Ecoute tes sentiments indociles
Demain, je pleurerai tout comme toi
Mais que mes larmes, personne ne les voit.

mercredi 3 décembre 2014

"Fragile attention"


Tout ce qui m’est précieux est fragile,
Ainsi ma vie balance et oscille,
Comme suspendue au bout d’un fil.

Même ton sourire est indocile,
Il n’est en rien d’indélébile
De ma faible mémoire labile.

Où son dessin s’en est allé ?
Dans quelle comté, dans quelle allée ?
Je n’en ai plus qu’une mince idée.

Qui m’est d’autant plus précieuse
Que la trace m’est capricieuse
De mes amours malheureuses.

Ô, Ma précieuse fragilité,
Tout ce qui m’est cher, m’est compté
Temps, amours et amitiés