jeudi 16 juillet 2015

MMS


Je pense à toi et à tes cheveux roux
Ceux-là si fins à la base du cou
Toujours fous et libres et se moquant des tresses
Que tant j’aime embrasser à mes heures de tendresse.

Je pense à toi, à tes yeux bleus d’amour
Cette eau lisse, aux eaux calmes toujours
Où rien ne se révèle de tes pensées profondes
Pareil aux torrents dont les eaux courent et grondent. 

Je pense à toi, à ton sourire moqueur
A tes mots épicés qui piqueront mon cœur,
A ton rire, à ta joie de me voir revenir,
A tes bras doux et ronds qui sauront m’accueillir.

Je pense à toi, ô mon bel amour
Dans ce train qui m’emmène quand se meurt le jour
Ma pensée me précède en mes mots amoureux,
La sens-tu, ma chérie t’embrasser les cheveux ?

vendredi 10 juillet 2015

Fissuration


Ce ne sont que quelques morts de plus
Mais qui fissurent mon sternum
Avec le marteau d’un vent gelé
Et me laisse frêle
Comme une branche morte.
Et chaque mot contre leur innocence
Chaque mot contre leur bravoure
Et leur intelligence,
Chaque commentaire insidieux
Est le pas d’un prisonnier lâche et crasseux
Sur ce bois sec et creux
Qui n’en finit de se réduire en poudre.
Ce ne sont que quelques morts de plus
Mais je partage quelques fibres de leur cercueil
Sur lequel crachent des gens de je croyais aimer.
Et tout se fissure et tout craque
Mes pauvres idéaux, fatras d’idées qui ne furent miennes
Que par hasard.
Ces morts aussi probablement m’auraient craché dessus.
Comme tout homme, je ne suis d’aucune famille,
Comme la branche morte n’est plus d’aucun arbre
A peine si quelque sociologue en déterminerait l’essence
Après un examen attentif et inutile.
Ce ne sont que quelques morts de plus
Mais ces morts qui révèlent un abîme
Ces morts si grands montés
Sur les échasses démesurées de la haine
Sur les épaules desquels
J’ai ce fissurant vertige.
Mais quoi, qu’y-a-t-il donc de nouveau
Dans cette chute si ce n’est mes yeux ouverts ?
Ô Baruch, nous ne sommes pas libres de notre chute,
Le sommes-nous seulement de notre nausée ?
Vois ce pauvre enfant qui pleure que SES idées - hahaha
Ne sont pas partagées
Alors qu’il n’a fait que piller les maies d’autrui,
Glaner des miettes sur ce chemin de perdition
Cet enfant plus petit que plus petit doigt de la main.
Les mots ne me sauveront pas,
Les hommes ne sont pas liés dans les mots
Que par des liens d’illusion.
Comme la branche, les seuls liens véritables
Ne sont que de fibres et de sève,
Et il en meurt à chaque hiver.
Tombons donc les yeux ouverts pour glaner
De quoi faire ces feux qui ne réchauffent pas
Et éclairent à peine, mais me distrairont de la chute.

lundi 29 juin 2015

Déception


Le délai avant de te voir, s'allonge
Et ton simple billet me plonge
Dans la tristesse et dans le spleen
Qui s'accentue quand la lumière décline,

Ah l'espoir déçu de te revoir
Au pire avant demain soir,
Meurt comme un soleil sur la mer
En couleurs chaudes et pourtant amères.

Et comme ce soleil si lointain
Dont le feu peu à peu s'éteint
Bien davantage que ton absence
Me blesse ton  indifférence.

Ce ton si froid et détaché
Résonne dans mon coeur blessé
Comme la vague et son ressac
Rongeant la plage des ses attaques.

mardi 16 juin 2015

La poupée


J’aimerais jouer à la poupée
Caresser ces cheveux lissés
Changer les robes, les dentelles
De cette figure de porcelaine.

Dans les placards de sa maison
Fouiller les tiroirs, les cartons,
Sortir les chapeaux à voilettes
Echarpes, foulards et barrettes.

Et m’agenouiller à ses pieds,
Lui essayer de fins souliers
De vair, de cuir de Russie.

Mais ce jeu m’est un souci
Dans le trousseau de la poupée
Pas de sourire pour l’en parer.

mardi 9 juin 2015

La mère du PD


Elle se tient là, la mère, dans le synode
Ecoutant les croyants qui de mots la corrodent
Sérieux comme jamais sur ce sujet brulant
De promettre ou non l’enfer à son enfant. 

Cet enfant, le sien et qu’elle a tant choyé
Lui qui était si doux, si tendre et tant aimé
Drôle, si drôle et si plein de vie,
Voilà ce que cachait sa fragile ironie.

Ô mon dieu, sont-ils si bêtes
D’invoquer la genèse et les prophètes,
Qu’à donc fait mon enfant pour n’être pas reçu
Le front haut, couronné, au sein des autres élus.

Vous qui bénissez l’union des maux
Revêtus de vos habits sacerdotaux
De la menteuse et du violent,
Que vous a donc fait mon enfant ?   

Dieu est-il si dénué de politesse
Qu’il viole ce qui est forteresse
Toutes les portes de la maisonnée
Des toilettes à la chambre à coucher ?  

Il est des mystères qui doivent le rester,
Même face au ciel, Il y a l’intimité
Vous tous qui crachez votre haine
Nus, résisteriez-vous face à vous-même ?

De quoi parlez-vous donc si mal
En choisissant dans vos mots les plus sales
N’habilleraient ils pas ces mots aussi
Le plus pur, le plus doux des amours de vos vies ? 

Vous parlez sans savoir, en juge et assassin
Sans conscience, sans même en connaître un
Et ainsi assassinez-vous d’aimer la liberté
Par votre besoin abject de normalité.

Ainsi se tenait la mère suffocante
D’entendre dire tant de paroles humiliantes
Quand son cri déchira l’assemblée
« C’est de ma chair dont vous parlez ».

Et au pied du gibet infamant
Où est torturé son enfant,
Son bras s’appuit à un illuminé
Et trouve le soutien de la prostituée.



Des amis protestants ont un fils homosexuel et l’église protestante envisage de bénir l’union des homosexuels. Ils souhaitaient rester à l’écart parce que trop impliqués pour avoir une vision juste. J’ai essayé de les convaincre qu’eux seuls avaient une vision juste, justement parce qu’ils étaient impliqués et aimant. L’amour est la seule voix de la connaissance et nous savons cela depuis l’enfance. Qu’avons-nous appris des matières que nous n’aimions pas ? Rien. Comment celui qui n’aime pas la littérature, qui en refuse la lecture générale et symbolique, qui n’en comprend que le caractère divertissant, saurait l’usage que nous pouvons en faire, sa force et sa puissance ? L’amour est le seul moyen de dépasser les incompréhensions, de donner la force, la patience de les dépasser. Il faut aimer pour connaître – mot trivialement synonyme dans la bible. Ce poème est ma prière pour les mères ou leurs pères qui défendront leurs fils ou leurs filles jusqu’au bout au cours de cette épreuve et auront le courage de dire publiquement l’amour qu’ils ont de leurs enfants et ainsi la beauté de l’amour, sa grandeur quel qu’en soit l’objet.