mardi 15 septembre 2015

L’espoir



Je t’espèrerai tantôt,
Qu’importe l’heure,
Un peu plus tard, un peu plus tôt,
De ce bonheur.

Si petite et si menue,
Je te saurai
Parmi toutes ces inconnues
Aux pas pressés.

Tes jambes fines et agiles,
Trotteront
Plus rapides que l’aiguille
De mon oignon,

A la cloche de ta jupe
Elles sonneront
Dans mon faible cœur dupe
Comme un bourdon.

Tu me diras d’un air très tendre
Sourire aux lèvres
« Chéri, je t’ai fait attendre »
Sans voir ma fièvre. 

Moi, ma chérie t’attendre
Comme le trépas
Peut-être voudras tu m’entendre
Peut-être pas.

Mais le tic-tac de tes trotteuses
Qui tant me tentent
N’a rien à voir avec la faucheuse
Et son attente. 

Toi, je ne t’attends jamais
Mais je t’espère
Comme Dieu m’exaucerait
Une prière.

mardi 8 septembre 2015

"Lapsus



Ta beauté m’échappe de la bouche
Comme un refrain d’enfance
Sans contrôle ni retouche
Et brisant le silence.

Je l’ai trop répétée
Aux heures solitaires
Maintenant toujours seul
Je ne sais plus me taire.

Tu m’as envahi
Comme nulle autre avant
Te voilà repartie
Ne reste que ton vent. 

Je suis un grand désert
Empli d’un seul écho
D’une fête révolue
Dont je n’ai vu qu’un mot.

lundi 31 août 2015

Vieille lune



Tu es l’esprit des confins
Une ombre de la nuit
Qui frappe et s’évanouit,
Sans raison et sans fin.

Tu n’es qu’opportunité,
Comme l’ouragan et la tempête,
Tu t’acharnes où tu t’arrêtes,
Sans retenue et sans pitié.

Tu vas où ton désir te mène,
La peur est la chaine qui te tient
Loup sous le masque du chien,
Dont la bêtise vaut bien la haine.

mardi 25 août 2015

Une place à Lyon


Je fume la fumée qu’elle rejette
La jeune femme qui fait la tête
Elle me drogue, et elle m’enivre
De son haleine  de tabac gris.

Pas un sourire sans retenue
Aucune pensée Ingénue
Et sa révolte de 20 ans
Maudit et conspue les gens.

Fume donc à mon vent
Ce parfum d’un autre temps
Qu’importe ton infirme révolte
Nous n’en n’aurons nulle récolte

Souris plutôt, ô jeune fille
Que ta beauté aussi nous enivre
Le simple bonheur d’être sur terre
Est bien plus révolutionnaire.

mercredi 29 juillet 2015

Sur la lande


Ainsi court la folie dans la lande,
Dans l’esprit du lièvre de mars
Citant les couplets de sa farce
Ses mots coiffés de houppelandes.

Le loup hâlette sur la grève
De son haleine de crachin
Transforme tout cela en rêve
Et écume sur le sable fin.

Impassible observe la nuit
De son œil luisant et blond
Cette étrange course de fond
Mots, lièvre, loup et puis folie. 

Au lever de l’astre du jour
Dessus la lande ne restera
Que la queue de lièvre et l’oyat
Et les joggeurs faisant leurs tours

mercredi 22 juillet 2015

Carine, portrait en muse stagiaire


Quel enfant a rêvé de tes yeux d’or
En contemplant quelle colline où s’endort
Le jour d’été ; à peine nuageux
Sa lumière, sa fraicheur et ses cieux ?

Quelle nymphe, du sable de la mer
A fait ta peau, son doré et son clair,
Mille paillettes où le brillant, le mat
Font contraste, s’approfondissent, éclatent.

Quel poète a tracé de sa plume inspirée
Les milles lettres de tes cheveux dorés
Calligraphe, maître en enluminure,
Te couronna de cette chevelure.

Quel Dieu, enfin, ordonna-t-il ceci
Le rêve de l’enfant et la main de l’houri
L’art du peintre et ton sourire enfin,
Qui fleurit dans mon cœur sous forme de quatrains.



C'est notre nouvelle stagiaire qui m'a inspiré celui-ci. J'ai un peu piqué le thème à un poète persan du 6e siècle. Bon, elle a 25 ans, soit l'age d'être ma fille et avant de lui faire peur en lui offrant un poème, j'attendrai son départ. Et oui les poèmes sont effrayants. Beau paradoxe. En attendant, elle rit beaucoup en me voyant. J'aurais dû en écrire un pour la précédente qui me disait tout le temps "Vous m'avez manqué" quand je partais en formation. Comme quoi, on peut être poète en entreprise, amener de la fraicheur dans le travail et une buse en oubliant de rimer pour qui le méritait...