dimanche 25 septembre 2016

Analyse

Sous la lumière rasante du verbe
La paix se décompose
Ses yeux en demi-lune
Cessent de sourire, hélas
Plus de lumière
Bleue, rouge, vibrante et chaude
Plus de parfum de fleurs
Plus que le vrombrissement métallique
et strident
D'une pièce d'argent
Qu'un pâle idiot trafique
Et maintient sur sa tranche
Quelques secondes à peine
Oubliant un instant
Fasciné par son jeu infantile
Que sa vie s'écoule
Dans ce laid mouvement
Qu'inévitablement se finira la course
Sur la face d'Hécate
Souriante à l'envi
Pauvre paix
Mensonge de peu de prix.

jeudi 8 septembre 2016

Cours particulier

Belle enfant, apprenez moi mon ignorance
Mon idéal, mon intransigeance,
Le regard que je posais sur le monde,
Ce théâtre que je pensais immonde.

Ré-apprenez moi mon immaturité
La soumission à la faculté,
Que je reprenne au sérieux
Ces faiseurs de contentieux.

Enseignez moi, un peu de droit
Majeure, mineure, et cetera
Et aussi la contrefaçon,
A ne plus rimer sans raison.

Re-apprenez moi à écouter,
Quand je ne vois que votre beauté,
A me reposer des questions
Moi qui ne suis que contemplation.

Oh puis non, vous êtes trop belle
Et vos yeux d'or m'ensorcellent,
Souriez moi, cela me suffit
Pour faire du monde un paradis.

lundi 5 septembre 2016

Obscur objet du désir



J’aime les barbus en burkini
Cachant les grâces de leurs plis
La beauté massive de leur gras
Dans une toge ou dans des draps. 

Sur le sable doré de la plage
Se baignant ou bien en nage,
Ce voile cache moins qu’il ne suggère
Des plaisirs, le plus éphémère. 

Le tissu qui mouillé, s’immisce
Comme une langue entre leurs cuisses
M’excite plus qu’aucune chose
Plus troublant qu’un parfum de rose.

Leurs barbes telle un sexe de femme
Qui s’empourpre et qui s’enflamme
Humide, chaud, et impudique
Surlignées par leurs tuniques,

Conservent des traces de sels
Qui dans le soleil, étincellent
Comme une preuve de l’amour
Brillant à la lumière du jour.  

Rien n’est plus plat que la chair nue
Pour que le désir s’insinue
Rien de tels que les plis d’un drapé
Comme échelle à la volupté.



Sur la plage, cet été, j'ai fait une petite randonnée et parmi les familles vêtues de maillot de bain, j'ai croisé une famille dont la femme était toute habillée de noir, ne dévoilant que le son visage. 200 m plus loin, la plage devenait naturiste, et plusieurs centaines de personnes étalaient leur nudité au soleil.  Peut-être est-ce dû à mon grand age, mais aucun de ces spectacles ne m'a troublé, ni de peur, ni de désir. 

Ce qui me parait compliqué, c'est de faire cohabiter les différentes populations sans morceler jusqu'à l'absurde l'espace public, interdisant peut-être ainsi la promenade des réveurs solitaires. 

Les femmes les plus désirables sont celles que nos esprits inventent - elles sont plus que parfaites. Voiler les vraies, les soustraires au regard n'appaise pas le désir, pas plus que cacher une pomme n'apaise la faim. Le désir est naturel et nécessaire à l'espèce, seule la nature, la vieillesse ou la mort met fin au désir. Ainsi en est du grand Saint Antoine assailli de tentation au coeur même de sa sollitude dans le désert. En tant qu'homme sain, aimant les femmes, je suis pour cette solution plutôt que celle du voile qui s'impose à l'objet du désir et qui n'en est donc pas responsable, plutôt qu'à son sujet. Que ceux, redoutant d'être tentés par les formes magnifiques des femmes, s'isolent dans le désert. Dieu les y attend.         

mardi 30 août 2016

Miséricorde



Les dernières fleurs du jardin
Ont fané près du bassin
La boue n’est plus que poussière,
Filant au lit de la rivière.

Et la jeune fille capricieuse
L’air de rien, un peu boudeuse
Au frais de le maison close,
Exige que soient changées les roses. 

Son humeur ne changera rien
Au temps qui va, au temps qui vient
Seulement aura-t-elle gaspillé des heures
Où elle aurait pu rêver au bonheur. 

mercredi 17 août 2016

Photo-souvenir

Tu étais si belle au jour ton départ,
Ton regret de partir avait gommé tout fard,
Et c'est au naturel que tu m'apparaissais,
Tremblante, sous la soie claire de l'amitié.

Cette beauté si pure, je la savais déjà
L'ayant entraperçue, un peu, de-ci, delà,
Dans un mot décrivant l'objet de ton amour
Frêle, bien qu'immense, comme l'enfant du jour.

Tes mots comme tes yeux vibraient comme une lame
Piquante, pour infliger et ta peine et la larme,
Du manque d'un geste qui aurait dû se faire,
Du plaisir d'un partage qui n'avait su se taire. 

Cet' lumière, à ton nom, me revient aussitôt,
Et mon souvenir est telle une photo
Que je sors quand me vient le besoin de sourire
Au chagrin que j'ai eu de t'avoir vue partir. 

mercredi 27 juillet 2016

Sonnet au silence

La phrase attend son heure
Comme un sourire donné au ciel
Son silence est chargé de fleurs
Son sourire, un rayon de soleil,

Ces mots qui bien qu'écrits, ne me sont pas
Avancent dans l'ombre comme un chat,
Sur le papier blanc
                                ou sur le marbre froid;


respirent,
                       écoutent,
                                             se murmurent


ou pas.

mercredi 6 juillet 2016

Le coup du sort




Oh, la sale mauvaise nouvelle
Qui assombrit soudain mon ciel,
Tomber après tant d’efforts
Ai-je mérité ce coup du sort ?

Avais-je mérité le temps ancien ?
Les rires, les sourires, les poignées de main,
Le don précieux d’une invitation
L’intelligence d’une conversation. 

Ai-je mérité la flèche rose
Au matin, que le soleil arrose
D’une lumière de soie d’or
Apaisant jusqu’aux remords.

Ai-je mérité la contre-courbure
D’une paupière d’une autre nature
Qui ensoleille jusqu’au regard
Offert sans retenue, sans plus de fard.

Ai-je mérité la paix et la beauté
Partout présente à qui la sait
La vie ?  mauvais sort ou privilège
En vertu de quoi la mériterais-je ?